dimanche 20 décembre 2015

Consommer responsable: va-t-on y prendre goût ?

Bientôt les fêtes. Autant vous prévenir, si vous voulez être respectueux de l'environnement évitez le foie gras, le saumon fumé, la volaille bien grasse et les bûches au colorant. A la rigueur un peu de champagne mais uniquement biodynamique. En même temps un réveillon au tofu et au fenouil cultivé localement, ce n'est pas très fun! Pourquoi ce qui nous fait du mal est-il si tentant!?! Arghh quel dilemme, encore pire que Luke face à son père! Mais je m'égare. L'alimentation est un enjeu crucial pour notre avenir. Elle représente tout de même 20% de nos émissions de gaz à effet de serre. Cultures intensives, pesticides, élevages en batterie d'animaux. Je passe sur toutes ces joyeusetés. Visiblement les citoyens que nous sommes commencent à prendre conscience du problème. Je n'avais jamais vu une telle mobilisation autour de l'horreur des abattoirs. Les distributeurs commencent aussi à le sentir. Ce qui les pousse à proposer des alternatives.


C'est le cas deMonoprix. Certes cette enseigne n'a pas attendu la vague Cop21 pour s'engager. Dès les années 90, elle a mis en place une démarche "développement durable". Les premiers produits bio sont arrivés dans les rayons, des produits éco-labellisés à travers Monoprix vert. Et puis en 1994 le commerce équitable avec Max Havelaar puis Alter Eco. Ne nous leurrons pas, ce marché est resté très longtemps une niche. Dans le Groupe Monoprix si l'on inclut Naturalia tous ces produits que je citais représente à l'heure actuelle un peu plus de 7% de son chiffre d'affaires. Il vise 10% d'ici à 2020. "Consommer responsable on y prend goût", c'est sa nouvelle devise. Evidemment Monoprix c'est un public ciblé de cadres urbains, CSP+ donc plutôt éduqués à ces questions mais Karine Viel, la directrice développement durable du groupe sent elle aussi une évolution dans la mentalité. Un autre public vient se renseigner "comme ces jeunes récemment intrigués par les graines de courges". Monoprix a un atout: ne détenir que 2% de part de marché 'ce qui nous pousse finalement à être inventif". Il y a quelques jours, j'étais invitée à des échanges fort sympathiques dans le 10ème arrondissement autour de la consommation responsable. Vaste sujet qui ne concerne pas que le bio. Du lieu de production à nos poubelles il y a encore fort à faire. Monoprix ne le cache pas. Nous avons donc évoqué en vrac et dans la bonne humeur le sujet de la viande, du bien-être animal, de la traçabilité ou encore des pesticides.

L'enseigne n'attend pas la demande des consommateurs pour faire des tests. Cela été le cas avec la pomme du Limousin, que le groupe a décidé d'accompagner dans sa démarche vers le bio. Les consommateurs en étaient informés par des étiquettes. Le groupe a été le premier en 2011 à refuser la pêche en eaux profondes pour la préservation des espèces. Vous ne trouvez plus aucun œuf de la marque Monoprix issu de poules élevées en cages. Etape suivante: plus de poules en cages du tout. Des tests sont en cours dans 35 magasins mais en bout de chaine, il faut accompagner les fournisseurs. Karine Viel doit faire de la pédagogie aussi auprès des différents services des achats du groupe. Les agriculteurs sont très demandeurs. Monoprix a ainsi lancé un partenariat agricole avec une quarantaine de producteurs. Un cahier des charges a été établi. Cela fait déjà 10 ans. Les producteurs aimeraient plus de visibilité sur leurs actions, il va falloir revoir aussi les engagements car la donne change. Dans le même temps, la réglementation évolue. Monoprix réfléchit également à l'approvisionnement local mais ne cache pas qu'il ne peut pas proposer seulement des fruits ou des légumes locaux de saison. Car finalement derrière une enseigne il y a un consommateur souvent exigeant. Le groupe teste les bonnes formules pour faire de la pédagogie. La vente en vrac en est une. Des expérimentations sont en cours sur les fruits secs. Mais ce type de vente nécessite une logistique lourde et une sécurité sanitaire sans faille. Pour quelle rentabilité finalement?


Il y a aussi des expériences réussies comme avec les soupes Andes. Du nom de ce réseau d'épiceries solidaires. Trois soupes fraîches faites avec des légumes d'Ile de France et fabriquées dans des ateliers d'insertion. C'était une grande première. Le succès a été au rendez-vous. Pour 3,95 euros. Car la question revient toujours: pourrions-nous avoir des produits bios à des prix abordables? Sur une marque distributeur pourquoi pas? Là encore la réflexion est engagée. Monoprix a au moins le mérite de proposer des produits bio ou éco-labellisés au milieu des produits conventionnels. De quoi attirer votre regard. Et certains sont même plus qu'appétissants. Car bio ne veut pas dire manger des graines tristement dans son coin. D'ailleurs pendant que j'écris, j'ai en ligne de mire une pâte à tartiner au cacao et aux noisettes AB et sans gluten ni huile de palme. Dont je tairai le nom. Un peu énergisante mais quel délice. Les papillotes de Noel ont de sérieux soucis à se faire! J’en profite pour vous prévenir que je fais une pause pour ces fêtes mais vous me retrouverez, je l’espère, avec grand plaisir en 2016. Souhaitons-nous le meilleur. Et un après Cop21 enthousiaste !


jeudi 17 décembre 2015

C'est parti pour le prix des Energies Citoyennes !


Voilà c'est fait: première réunion du jury du prix des Énergies Citoyennes. J'avoue que je n'étais pas peu fière aux côtés de la marraine Catherine Chabaud et de l'initiateur du projet Marc Fraysse directeur des relations institutionnelles de Engie Cofely et son bagout inégalable. Comme une enfant devant les vitrines de Noël, je suis toujours étonnée des beaux cadeaux que l'on me fait . C'est la première fois que je suis présidente d'un jury. Quel bonheur!
L'an dernier, j'étais membre du jury et j'avais apprécié la belle intelligence collective qui se dégageait des échanges avec camarades. Je ne les citerais pas tous, ils me pardonneront, je l'espère mais ils sont tous complémentaires et leurs expérience sont riches de sens. Vous en verrez la liste sur le site.

Cette année un beau clip explique les enjeux de cette 7 ème édition . Résolument tournée vers les citoyens. Depuis le début des prix, ce sont 8000 collectivités qui ont été mises en avant . Plus d'une soixantaine récompensées. Je suis certaine qu'il y en aura encore plus cette année. Parce qu'il y a eu la Cop21 mais aussi la loi sur la transition énergétique. Les élus locaux sont de plus en plus concernés par ces questions. Je l'ai vu dans mon parcours journalistique . Parce qu'il s agit de faire intelligemment des économies quand ce n'est pas purement et simplement lutter contre la précarité énergétique

Peu importe la taille de la collectivité, chacun peut s'engager . Il suffit d'expliquer la stratégie mise en place. Le jury est totalement indépendant-c'est ce que j'aime - et cerise sur le gâteau je m'engage a aller à la rencontre de ces lauréats et à les valoriser. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Les inscriptions sont à remplir sur le site  www.energies-citoyennes.fr. Date limite: le 4 mars! J'ai hâte de délibérer en avril .Encore une belle énergie positive !


mardi 15 décembre 2015

Venez découvrir les explorateurs de demain!


La Cop21, c’est donc terminé. Certains sont enthousiastes, d’autres voient le verre à moitié plein et évidemment les plus sombres à moitié vide. Rien n’est idéal. Cette conférence aura eu au moins le mérite de faire prendre conscience à ceux qui nous gouvernent qu’il faut agir. Avec quels moyens et dans quels délais ? Il est déjà plus complexe d'avoir des réponses. En tous cas ça y est : nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. La crise économique et la crise de la société ont eu raison des plus sceptiques…enfin presque. En attendant de voir des résultats concrets sortir de l’accord, il est bon de se rappeler que des hommes et des femmes agissent depuis un moment. Modestement mais sans en démordre. C’est le cas de Roland Jourdain. Et de son fonds Explore. Pour les explorateurs de « demain. ». J’avoue avoir eu un coup de foudre pour cet homme des mers. En tout bien, tout honneur mais difficile de ne pas être emballée par sa vision simple et si positive de l’humanité. Etre conscient que la planète n'est pas si grande et que chacun peut agir. C’était au Salon Nautique il y a 2 ans. Il m'avait parlé des océans, de matériaux composites, du lancement de son fonds de dotation. Il était même venu dans mon émission.


Je n’ai pas eu envie de le perdre de vue. J’étais donc ravie il y a quelques jours de le retrouver pour un premier bilan d’étape (qu’est-ce que cela fait sérieux) d’Explore. Ses partenaires étaient là. Finalement des amis emballés par ce Breton du Finistère ( un autre point commun que j’ai –fièrement-avec Roland Jourdain). Il n’est pas toujours très à l’aise pour parler devant une foule mais il le fait avec son cœur. C’est pourquoi il avait voulu donner la parole en préambule à Sandrine et Yannick Roudaut, fondateurs du cabinet Alternité. Yannick, je l’ai retrouvé après quelques années communes sur un média dont je tairai le nom, Sandrine a été l’une de mes invitées. Nous avons la même vision. J’ai donc été touchée par leurs mots. Yannick a rappelé fort justement que nous traversons la même période que ce que fut en son temps la « Renaissance » Celle d’une révolution technologique et dans le même temps de la fin des certitudes. L’homme n’est désormais plus au centre de l’univers mais doit se réconcilier avec le vivant. Sandrine Roudaut explique qu’il a fallu des utopistes pour créer un nouveau monde. Mais « une utopie, ça se réalise à plusieurs. » Et c’est ce que prouve Explore.

Des projets qui font rêver comme Under the pole. Ghislain Bardout et son équipe sur sa goëlette le WHY qui explorent les profondeurs à plus de 100 mètres sous le pôle. De précieuses informations pour l’humanité. Des images inédites du milieu sous-marin. Under the Pole III se prépare déjà. Autre projet, Gold of Bengal, ces jeunes ingénieurs qui « redeviennent ingénieux et créatifs » pour développer de la fibre de jute pour des applications composites. En premier lieu sur des planches de surf. Une nouvelle étape est franchie avec Nomade des Mers, porté par Corentin de Chatelperron. En février, il va appareiller pour une grande aventure. Sur un catamaran-ambassadeur des Low Tech. Sillonner le monde pour découvrir ce qui fera notre univers bientôt. Ce projet est associé au Low-Tech Lab, une plateforme de recherche collaborative en ligne sur les Low-Tech. Les idées ne manquent pas : une éolienne en kit comme celle mise en avant par Poc21 ou encore une cocotte minute qui permet de transformer des déchets plastiques en carburants. « On veut devenir la Nasa du low tech » n’hésite pas à lancer Corentin.

Car si ces inventions nécessitent peu de moyens au départ, en revanche les développer s’avère compliqué. L’open source va permettre à tout un chacun d’ajouter sa pierre à l’édifice. Encore et toujours travailler ensemble. Il y a aussi Combios et ses bio-matériaux. Bref, il faut aller voir le site, non seulement nous découvrons des images à couper le souffle mais en prime nous nous prenons à rêver. Roland Jourdain est accompagné d’une vingtaine de partenaires dont le Crédit Agricole Finistère-ce qui ne surprend pas. En 2 ans, Explore a déjà réalisé quelques merveilles, ce n’est qu’un début. J’aime bien l’expression de Sandrine Roudaut : « On a besoin de faire péter les cloisons ». L’avantage avec Roland Jourdain, c’est qu’il fait cela avec le sourire.

 

 

vendredi 11 décembre 2015

Piloter l'énergie d'un bâtiment: quand le locataire change les règles du jeu

 
Alors que l'avenir de la planète se dessine difficilement du côté du Bourget, le monde de l'immobilier bouge. Très vite même. Et sûrement poussé par les locataires. On parle de plus en plus des "consomm'acteurs", ceux qui louent des bureaux comptent bien aussi avoir leur mot à dire. Il est donc clair que c'est pour répondre à une demande qu'Allianz Real Estate annonce ce vendredi son partenariat avec Netseenergy. (il se passe des choses en dehors de la conférence climat, je vous promets). L'idée est simple: mettre en place un portail de management du bâtiment afin de l'optimiser mais aussi de permettre de baisser les charges. Le premier bénéficiaire sera le locataire. Barbara Korienougine toute nouvelle directrice générale d'Allianz Real Estate ne le cache pas: "il y a désormais une nette différence entre les bâtiments énergivores et les autres, les bâtiments énergivores séduisent beaucoup moins". Les entreprises regardent de près l'immeuble où elles vont s'installer.



Quand on gère, rien qu'en France, 7 milliards d'euros d'actifs et pas seulement des bâtiments neufs, il est totalement logique de réfléchir à l'offre que l'on va faire. Allianz Real Estate qui se définit comme un investisseur responsable a été l'un des premiers à signer la charte Pelletier pour l'efficacité énergétique des bâtiments tertiaires publics et privés. C'était en 2013. 145 000 m2 sont d'ores et déjà certifiés et le groupe vise 50% du parc d'ici un an. Il pense donc aussi aux bâtiments plus anciens et a décidé de procéder par étapes sur cette opération. Des tests ont d'abord été effectués sur plusieurs bâtiments. Ils ont été supervisés par des 4 jeunes d'HEI, grande école d'ingénieurs généralistes. Ces derniers ont pu identifier les portails qui correspondaient à la demande du gestionnaire de patrimoine. Un appel d'offres a été lancé et c'est Netseenergy, filiale d'EDF qui l'a emporté. NetSeenergy comme l'explique son président Jean-Pierre Anzano propose "une gamme de télé-services d'efficacité énergétique". L'entreprise d'une cinquantaine de salariés a donc conçu une offre globale qui inclut l'audit technique du ou des sites, l’installation des matériels de mesure et des automates et la restitution des informations et le conseil. Son expertise est énergétique, informatique mais aussi dans la télécommunication. Le travail s'annonçait conséquent avec Allianz Real Estate. 135 immeubles sont concernés.


Chaque architecture de comptage a été analysée. Si des systèmes ont déjà été mis en place, Netseenergy propose de récupérer les données. Les premières commandes ont d'ores et déjà été passées . Objectif: pouvoir raccorder tous les immeubles d'ici la fin 2016. Pour cela il va falloir convaincre les locataires du bien-fondé de l'opération. Allianz est d'ailleurs ravi d'avoir entrainé Danone dans sa démarche. Les premiers outils sont mis en place, le locataire va ensuite apporter un complément financier et aider au déploiement du portail. Logique puisque ce sera le premier à en tirer les bénéfices. Allianz Real Estate avoue que ses investissements sont lourds mais ils sont nécessaires. Le groupe préfère d'ailleurs ne pas communiquer dessus. Mais il espère bien que l'opération sera rentable dans deux ans.

 

Pour optimiser les résultats, Netseenergy compte aussi sur le capital humain. On sait à quel point l'usage des bâtiments peut varier et donc modifier les résultats au final. 'La technologie est nécessaire mais il faut aussi de l'humain pour faire des recommandations" explique Jean-Pierre Anzaro. C'est pourquoi une fonction d"energy management" est aussi assurée. Et le dialogue est constant avec les facilities managers. Pour Allianz Real Estate, c'est un beau défi. L'objectif fixé est une réduction de 15% de la consommation d'énergie. "Nous savons que c'est possible" précise Patrick Stekelorom responsable développement durable, nommé depuis peu global Head of Sustainability . Et l'eau n'a pas été oubliée. Patrick Stekelorom explique que la démarche va plus loin. Allianz a décidé de décarboner son portefeuille. L’assureur a en effet fait sensation il y a peu en déclarant qu’il se retirait de toute société réalisant le tiers de son chiffre d’affaires avec cette énergie fossile. Ce portail est un outil indispensable pour accompagner son virage notamment vers les énergies renouvelables. La donne change. Il faut faire des choix d'investissement et parler d'économies à des locataires qui réfléchissent en coût global...quand je vous dis que l'immobilier bouge. Allianz Real Estate et Netseenergy ont proposé de se donner rendez-vous dans un an...D'ici là, il y a fort à parier que cet univers de l'immobilier aura encore évolué.

mercredi 9 décembre 2015

Tarkett : quand l’économie circulaire prend forme

Avec cette Cop21, certains se demandent ce que font réellement les grands groupes. Je ne rentrerai pas dans la polémique. Rien n'est parfait. Certains trouvent sûrement dans les enjeux environnementaux un bon business, d'autres y croient pour la pérennité de leurs activités et parfois-oui,oui- pour donner du sens à ce qu'ils font. C'est pour cela que je veux vous parler de Tarkett....« On est dans l'ère de l'expérience client: le patient dans une chambre d'hôpital, un écolier, un serial shopper dans une grande surface (j’adore la formule). » Guillaume Teixeira, le patron français de Tarkett plante d'emblée le décor. Le groupe a bien compris que les modèles évoluent. Il doit donc s’adapter. Je l’avoue, Tarkett c'est un peu mon chouchou depuis qu'il a remporté un Green Business Award du temps où j’œuvrais à BFM Business. Avec un nom pareil on le pense américain...que nenni. Le groupe est né dans l’Isère il y a 130 ans. Leader des revêtements de sol, il a su se diversifier : moquette, parquet, stratifié, gazon synthétique et autres. Depuis quelques années, il se développe beaucoup dans le commerce et l’hôtellerie. Le revêtement de sol à l’origine est une activité polluante. Mais Tarkett a une conviction : l’innovation va lui permettre de réduire son empreinte carbone. Pour reprendre les mots de Guillaume Teixeira « devenir le leader mondial en solutions innovantes qui génèrent de la valeur à nos clients de manière durable ».

 

Evidemment cela peut vous sembler pomper à la lecture. Dans les faits, en regardant le catalogue le particulier qui représente environ 40% de sa clientèle peut être séduit. Et les professionnels n’en parlons pas ! De beaux matériaux, des gammes de couleur, des assemblages attrayants et une grande diversité. L’ensemble a de la gueule et respecte des engagements forts. Le modèle de Tarkett: le closed-loop circular design. En résumé quatre grands axes : un choix de matériaux de qualité, l’utilisation responsable des ressources dans les opérations industrielles, la contribution au bien-être et enfin le recyclage en fin d'usage. Pour donner quelques exemples, afin de préserver la qualité de l'air intérieur, une nouvelle génération de vinyle a vu le jour. Le groupe qui a racheté Desso garantit un air plus sain grâce à une moquette qui utilise les technologies Airmaster qui permettent de capturer les fines particules de poussière. Tarkett a décidé également de supprimer tous les phtalates de son processus de fabrication avant même la mise en place d’une législation. 92% des produits ont des niveaux d'émission inférieurs aux normes. Les initiatives ne manquent pas, il serait bien long de toutes les passer en revue. Elles prouvent simplement que c’est une véritable stratégie d’entreprise qui s’est mise en place.

Je m’attarderai sur son action en terme d’économie circulaire. Nous en parlons de plus en plus en France mais nous guettons toujours les actions qui peuvent se mettre en place. Tarkett n’a pas attendu pour s’inspirer du Cradle to Cradle mis au point par Michael Braungart et Bill MacDonough. Littéralement "du berceau au berceau" Anne-Christine Ayed directrice de la recherche, de l’innovation et de l’environnement du groupe dit très justement : « la nature ne crée pas de déchets, pourquoi nous hommes n'en serions pas capables ? «  Le groupe s’est donc fixé cet objectif: 75% de ses matières ne doivent pas contribuer pas à la raréfaction des ressources. Parmi ses actions : récupérer des dalles en fin d'usage et les réintroduire dans les produits, reprendre du nylon dans les moquettes pour refaire du nylon neuf, de la même façon avec le gazon synthétique. Des partenariats sont montés avec d'autres entreprises: en récupérant le film plastique sur les pare-brises, on peut ainsi recréer un matériau pour l’envers de la moquette.
 
 
Tarkett n’est pas le seul à le faire… Interface n’est pas en reste mais après tout plus ils seront nombreux. Le groupe a lancé aussi le programme Restart pour récupérer les chutes sur les chantiers. 13 500 tonnes ont ainsi été collectées en 2014. Tarkett en entraîne d’autres dans le mouvement : un accord avec Bouygues Construction a été conclu récemment: sur n'importe quel chantier, le groupe peut faire appel à ce programme. Il reste du chemin à parcourir. Chaque jour dans le monde Tarkett vend 1 million 300 000 m2. Mais désormais il sait clairement ce qu’il veut en faire. Quand je vous dis qu'on peut être grand et avoir une conscience....

 

 

 

 

 

mardi 1 décembre 2015

PolyAl: découvrez ce qui rapproche du "bon son" d'une brique alimentaire


L'économie circulaire, cela fait très joli sur le papier mais souvent on se demande quand elle deviendra une réalité. Je suis donc très fière de vous le dire: cette économie circulaire est en marche. Et désormais, je ne regarderai plus une brique de lait ou de jus de fruits de la même façon. Avec les yeux de Chimène même, je pense.


En France, ce sont 4 milliards de briques alimentaires qui sont mises sur le marché chaque année. Un peu moins d'1 sur 2 se recycle. Et pourtant ce sont de vrais trésors. Leur composition: 75% de carton, 21% de plastique et 4% d'aluminium. Si l'on retire le carton, il reste du polyéthylène et de l'aluminium. Le PolyAl. Une matière étonnante, très douce. Elle se récupère simplement chez les papetiers dans un "pulpeur", une grande cuve remplie d'eau où le carton se dissout. Le PolyAl est déjà valorisé par certaines entreprises mais ce n’est qu’un début. 19 élèves de l'ENSCI-Les Ateliers viennent de lui trouver une seconde vie sans précédent à l'issue d'un workshop de 3 semaines.


 

L'Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle avait en effet lancé un défi avec Alliance Carton Nature, l'association qui réunit les fabricants de briques alimentaires. Explorer de nouvelles pistes de valorisation de ce matériau atypique. Guidé par le designer graphique Fabrice Peltier, fondateur de l’agence P ‘Reference , parrain de l'aventure tombé amoureux du PolyAl il y a 6 ans ,ces jeunes ont d'abord étudié au plus près les propriétés de la matière récupérée à l'usine. Comme Fabrice Peltier, ils sont allés voir sur place. "Ma première démarche a été d’aller à la source, visiter l'entreprise Traidib qui transforme les résidus de pulpeurs. J'ai découvert que le recyclage avait généré un matériau dont on ne soupçonnait pas encore toutes les qualités et les applications. » Allant au bout de la démarche, il a élaboré une ligne de mobilier avec cette matière.

 
Une série d'expérimentations a donc permis aux étudiants de constituer une matériauthèque. Chacun par équipe de 2 ou 3 s'est ensuite regroupé en fonction des pistes explorées pour élaborer un projet. Sous leurs doigts sont nés, le petit sac, sac à dos étanche issues des poussières de PolyAl récupérées lors des manipulations réalisées par leurs camarades, Two pieces of cake,la paire de chaussures aux semelles multi-couches ou encore les polytomettes, ce revêtement mural et de sol, une collection de tomettes fonctionnelles : un porte-savon, des crochets, une étagère. Au total 8 projets tous plus originaux les uns que les autres.

Pour montrer que l'aventure ne s'arrêtera pas là, l'ENSCI a décidé de soutenir 4 projets en particulier pour les amener à une phase pré-industrielle. Comme le précise Aymeric Schultz d'Alliance Carton Nature, il s'agit de projets qui n'aboutissent pas à un simple remplacement de matière mais qui tirent le meilleur parti du PolyAl. Des pots incassables au touché souvent très doux (c'est ce qui étonne vraiment avec cette matière) ou encore à l'aspect très proche de la roche. Des polyboîtes à l'aspect scintillant et coloré. Plus complexe pour un néophyte: les Triplets de Pythagore, un meccano géant destiné à la micro-architecture dont on peut se servir sur des stands, pour des cabanes ou des abris à assembler soi-même.
 
J'avoue avoir un faible pour le Son de la brique, des carénages d'enceintes acoustiques. Ou comment mettre en valeur la qualité acoustique d'un matériau inerte et relativement isotrope. Pour Clémentine Chambon, designer-conceptrice et l'une des responsables du projet Défi PolyAl," la diversité et la qualité des propositions nous permettent aujourd'hui de présager les multiples formes et usages que pourra prendre ce matériau dans notre quotidien" Et Fabrice Peltier de s'enthousiasmer "Le PolyAl est une matière première! ". Ces objets seront peut-être bientôt très familiers. Une certitude : ils tourneront la page de la pétrochimie. Quand je vous dis que l’économie circulaire est en marche…

 



 

lundi 30 novembre 2015

Ma Cop21

Ca y est! C'est parti! Voilà des mois pour les plus au fait, quelques semaines voire jours pour les néophytes que l'on en parle! La Cop21 est lancée...Près de 150 chefs d'Etat présents à Paris pour aboutir à un accord qui doit permettre de limiter à 2 degrés la hausse des températures de la planète d'ici 2020. Beaucoup n'y croient plus trop mais au moins, chaque pays est désormais conscient qu'il a un rôle à jouer et a pris des engagements qui sont ce qu'ils sont. N'oublions pas que c'est notre avenir qui se joue à Paris enfin au Bourget! Comme toujours il faut que cela se complique. Pour beaucoup ce lundi 30 novembre se résume à des abrutis qui ont tout détérioré place de la République et un périph fermé. Enfin ceux qui ont pris leurs voitures se réjouissent cela roule bien finalement. On nous aurait menti?...Cool, le RTT forçé. Pourquoi climat doit-il encore rimer avec contraintes?


Parce que je suis française je râle pour un autre motif: je me dis que cela aurait eu de la gueule, une grande visio-conférence mondiale! 150 têtes qui s'affichent sur des grands écrans! Car oui rien ne vaut la rencontre réelle mais dans les faits ce sont les éminences grises qui vont discuter pendant 15 jours, les grands de ce monde ont beaucoup d'autres chats à fouetter...Nous aurions donc pu moderniser la conférence. Lui donner un nouveau souffle. Pourquoi pas reverser 1% voire plus du coût global à des organisations à travers le monde. Faire de l'économie collaborative de la Cop21. Déjà changer d'échelle ou de modèle...C'est mon côté Energie Positive. Il va falloir du temps pour que ça change...Lançons des idées, elles retomberont un jour.

Pour ma part je suis ravie de faire partie de ce grand tout. Je serai mercredi et samedi au Bourget pour parler de mobilité et de financement participatif. Mais aussi à Solutions Cop21 au Grand Palais pour décortiquer les enjeux de la ville durable ou récompenser les starts-up des Trophées INPI . Mais aussi au SIMI pour parler d'économie collaborative et d'immobilier. Ou encore avec les Entrepreneurs d'Avenir à l'UNESCO. Et de beaux échanges en perspective avec Corinne Lepage, Tristan Lecomte ou encore François Marty de Chênelet. Enfin je ferai un détour aussi par mon espace de coworking Studios Singuliers dans le 18ème, les 2 et 9 décembre pour partager avec vous si vous le souhaitez et les starts-up du Green Business. Bref encore et toujours pour mettre en avant des solutions. Pour faire bouger le monde. Je ne pourrai pas être partout mais je dis bravo à toutes les initiatives! Je me réjouis de voir à quel point ces sujets sont valorisés. Il faut que cela continue....Prenez de la distance, oubliez les fastes et dites-vous que l'homme a la capacité d'agir et de s'adapter. C'est aussi cela qui fera la victoire contre tous les obscurantismes. Je vous retrouverai donc un peu plus tard...pour partager ces aventures. Belle Cop21 et souhaitons le meilleur à cette planète!

vendredi 27 novembre 2015

Venez échanger avec moi dans le 18ème pendant la Cop21 !


Alors je vous le dis tout de suite: si vous avez enfin envie de me rencontrer dans les jours qui viennent, un seul endroit Studios Singuliers! Ca donne envie, non?  Un espace de coworking très sympa dans le 18ème arrondissement en plein cœur de Paris Région Innovation Nord Express. Aux côtés des start-up et notamment celles du green business je passe des moments d'échange sympathiques. Et je travaille dans la sérénité.


Ces fondateurs ont eu l'envie de se mobiliser pour la Cop21. Le  lieu va permettre de se retrouver et aussi découvrir ces jeunes entrepreneurs qui font le monde de demain. Le nom de l'événement: la Cop Singulier.
http://studios-singuliers.fr/studios-singuliers-lance-la-cop-singulier/
Du lundi 30/11 au vendredi 11/12 inclus, tous les porteurs de projets, startups de la “Green Tech” et entrepreneurs du développement durable pourront venir co-travailler gratuitement dans l’espace de coworking, participer aux événements et échanger sur leurs pratiques innovantes. J'y serai le 2 décembre pour animer un workshop sur la création d'"un green media" et aussi le 9 décembre. N'hésitez pas à vous inscrire et à venir !

Copropriétaires, un outil pour vous aider à rénover


Aujourd’hui, je porte une double casquette : celle de journaliste et celle de copropriétaire. Vous êtes quelques-uns surtout dans les grandes villes à savourer ce moment d’échange lors des assemblées générales. Pour parler de mon cas personnel, nous envisageons depuis…quelques années… un ravalement. Vous savez, cette décision si lourde à prendre mais nécessaire…Pour faire ma savante, je sors de mon chapeau la « rénovation énergétique ». Certains me regardent avec des yeux ronds, d’autres s’inquiètent de devoir dépenser encore et encore…Grâce à l’APC, l’agence parisienne du climat, je vais désormais être moins seule. Je lui dis merci !

Hier c’était donc le lancement officiel de la plateforme territoriale de la rénovation énergétique en copropriété. Anne Ged, la directrice de l’agence était particulièrement fière de la dévoiler. Il aura fallu un an à un an et demi pour en arriver là. La suite logique d’une action entamée il y a 5 ans dans la foulée du Plan climat mis en place par Paris. On sent bien quand même que le discours n’a pas été aisé à faire entendre. Anne Ged estime qu’en 2015 avec la loi sur la transition énergétique et la Cop 21, il y avait enfin des signaux positifs qui ont permis d’accélérer le mouvement. Jean Balas vice-président de la FFB Grand Paris n’a pas hésité à dire que la rénovation énergétique manquait encore de démarches concrètes‘Les chantiers neufs et les grosses réhabilitations sont concernés, pour le reste c’est plus difficile’. Et pourtant Paris par la voix de Célia Blauel, adjointe à la Maire de Paris en charge du développement durable, de l’environnement et l’eau affiche ses ambitions et met en avant le projet de rénovation de 30 000 logements sociaux. Le gain économique serait important : une réduction moyenne de 30% sur la facture énergétique et 2000 à 2500 emplois créés. Et surtout la perspective du plan 1000 immeubles. Objectif : aider à la rénovation énergétique d’un millier d’habitations privés. Un dispositif qui doit être opérationnel dès janvier de l’année prochaine. 1000, c’est donc un début et la plate-forme de l’APC tombe à point nommé.
 
Il s’agira de faciliter la mise en relation entre les particuliers et les professionnels. L’APC s’appuie sur une charte d’affiliation des entreprises. Elle s’engage à donner de la visibilité en ce qui concerne le référencement ou encore les bonnes pratiques, à informer et inclure l'affilié dans les groupes de travail ou encore à organiser des événements. Le dernier dédié à la copropriété avait eu lieu dans le 20ème arrondissement. L’APC a déjà une expertise avec la Coachcopro. Lancée en 2013, elle s’adressait aux particuliers et aux syndics, l’APC franchit une nouvelle étape en s’adressant aux copropriétaires et aux professionnels de la rénovation Elle se veut désormais un tiers de confiance. Pas question d’instaurer des labels mais plutôt de créer du lien. Le Meetic de la copropriété en quelque sorte. Je sais, c’est facile, je me relâche en fin de semaine... Evidemment seules les entreprises reconnues RGE pourront s’engager. Claude Cutajar secrétaire général adjoint Capeb Grand Paris est ravi : « nous sommes presque béats car enfin on va pouvoir travailler dans un cadre peu ordinaire . On entre dans un cercle vertueux ». Jean Balas souligne que les entreprises sont en forte demande.
Un bémol tout de même : comment financer tout cela ?
Olivier Princivalle, membre de la commission administrative de biens Fnaim Grand Paris a rappelé que la question était centrale. L’APC affirme être en contact avec les 3 banques qui proposent des prêts collectifs, elle attend que les banques rejoignent la charte. Elle ne doit rien laisser au hasard car elle a une obligation de résultat.
L’opération a tout de même été lancée dans le cadre d’un AMI, soutenu par l’ADEME, la Région et la mairie de Paris.

 
Il va falloir se retrousser les manches. Le bâtiment représente 43% de la consommation d’énergie finale. A Paris on compte près de 43 000 copropriétés qui représentent les trois quarts des logements parisiens. Plus de 90% d’entre elles ont été construites avant la première réglementation thermique. On mesure mieux l’ampleur de la tâche...

 

 

lundi 23 novembre 2015

Ecoflex'IT ou l'histoire de David et Goliath dans l'univers des réseaux


Je fais officiellement mon coming-out: j'aime bien les petits jeunes...Voilà c'est fait. Maintenant clarifions un peu les choses: il s'agit des jeunes entreprises. En tous cas tous ceux qui innovent. Parfois leurs patrons sont aussi vieux que moi...si, si...Ceux se cassent les dents et puis qui recommencent. Etant moi-même depuis peu en mode "start-up", je comprends un peu mieux. Il y a aussi les entreprises moins jeunes et qui se battent à leur façon. Pour développer leur marché. Souvent à la force du poignée. C'est le cas du bureau d'études InGeTel-bet. Il existe depuis 1999 et commence enfin à faire son bonhomme de chemin. 1,8 millions d'euros ont tout de même été investis dans la R&D depuis le début de l'aventure. Trouver des partenaires a souvent été très délicat. Mais Gilles Génin le gérant a enfin bon espoir. Il vient tout de même d'obtenir la médaille d'or de la Nuit de l'Economie Positive. En ces temps de transition énergétique, InGeTel-bet se positionne sur le marché des économies d'énergie et en prime de l'IT. Le nom de sa solution: Ecoflex'IT.

J'avoue que je ne rentrerai pas dans tous les détails techniques mais pour résumer c'est une toute nouvelle manière de concevoir les infrastructures réseaux voix, données, images, sécurité et le réseau basse tension associé des bâtiments tertiaires et collectivités. Le nœud de connexion est au plus près du réseau. Conséquence: tous les locaux techniques sont supprimés. On supprime aussi 90 % du cuivre réseau . L'infrastructure est très souple, conçue "comme un Lego" ce qui permet de s'adapter à l'évolution des besoins de connexion. L'environnement s'en porte mieux. Le bilan carbone du système de câblage est ainsi divisé par 5. Et les économies d'énergies conséquentes: 25 KWh/m2/an économisés. Sur le papier, Ecoflex'IT a tout pour séduire. Mais dans les faits, ce bureau d'études, c'est un peu David contre Goliath. Les marchés sont dominés par les fabricants. Alors InGeTel-bet y est allé prudemment. Un premier contrat à l'étranger avec Aéroports de Paris à Djeddah sur 750 000M2. Puis en France en 2010 sur le siège de Bouygues Energies &Services à Montigny-le-Bretonneux et dans la foulée BNP Real Estate et ses 2 bâtiments situés à Issy-les-Moulineaux. Déjà de belles références mais Ingetel-bet devait encore faire ses preuves.

 


Qu’on se le dise, son système ne fonctionne pas que pour l'immobilier neuf. Il a dû quand même convaincre. La rencontre avec le promoteur Compagnie Foncière de Confluent a changé la donne. Il a eu une approche originale. Sur les 7 plateaux d'un immeuble haussmannien dans le 8ème, il n'en occupe que 3. Pas question pour autant de ne pas équiper les autres espaces. Le promoteur fait donc le choix de mettre en place le système développé par Ingelec-bet et d'intégrer dans les charges de location les besoins des preneurs. Une belle aubaine. Le modèle économique de l'Ecoflex'IT se dessine: de l'IT network as a service. Tout s'accélère en 2014 : l’INPI ,l'Institut National de la Propriété Industrielle publie le brevet Ecoflex’IT. Fort de son expérience, le bureau peut publier un livre blanc cette année. Cette étude comparative démontre qu' Ecoflex’IT est le système le plus robuste, le moins énergivore et le plus flexible du marché. Gilles Genin dit lui-même avoir un soin tout particulier à réaliser cette étude en toute objectivité, en citant les sources et règles d'ingénierie appliquées à isopérimètre. "On ne veut pas passer pour des rigolos".  Il s'appuie désormais sur une PME allemande pour produire son système. Il lance une levée de fonds via une plate-forme de crowdfunding. Et fera parler de lui d’ici la fin de l’année. L’association HQE l’invite à l'Agora Creative France organisé en parallèle et de la COP21 pour présenter EcoFlex'IT Pro. Quand je vous dis qu’il faut accompagner plus que jamais les plus petits…

lundi 16 novembre 2015

Dire oui à la planète pour dire non au terrorisme

J'aimerais encore vous parler aujourd'hui de belles innovations. J'en ai quelques-unes en réserve. J’y ai même consacré ce lundi un déjeuner. Le plaisir parisien par excellence qui devient aujourd’hui notre étendard. Si nous avions su en pestant contre la tasse de café à 5 euros....
Pour revenir à mon sujet, je m'étonne encore à chaque rencontre de voir l'optimisme des jeunes entrepreneurs et...des moins jeunes convaincus de donner du sens à ce qu'ils font. Oui mais voilà j'ai aussi envie aujourd’hui d'être plus personnelle. Parce qu'il y a eu ce 13 novembre 2015. Ce blog ne s'appelle pas Energie Positive par hasard. Il parle d'énergie mais pas seulement, en revanche il se veut toujours positif. Pas bisounours mais résolument engagé. Avoir les bonnes questions pour des réponses appropriées. Accomplir un journalisme de solutions. Parler ce qui fonctionne et nous permet d'avancer. Le réchauffement climatique est inévitable mais nous avons les moyens de nous adapter. J'ai envie de dire que nous avons cette force-là. C'est aussi parce que l'homme peut être futile, léger, insouciant qu'il peut dans certaines circonstances être droit, profond et fort. 

Dans deux semaines ce sera donc la Cop21. Elle sera évidemment maintenue. Pas question de reculer. Car nous sommes tous liés. Dans cette galère, serait-ce le bon mot ?  Nous avons pris un peu plus conscience ce 13 novembre que ce qui se passe ailleurs peut nous impacter ici dans notre quotidien. Beyrouth, Damas, Tripoli, Brazzzaville. Cela peut être l'enfer. Je n’ose plus m’attarder ce lundi sur les réseaux sociaux de peur de découvrir un nouveau visage souriant qui s’est effacé à jamais. Et pourtant il faut rêver d’un monde meilleur… Et réduire notre empreinte carbone est l’une des solutions…Quand je vois que la Chine et l'Inde s'engagent sur la voie des énergies renouvelables, que le Maroc inaugure le plus grand parc solaire au monde pour avoir bientôt 40% d'énergies issues du renouvelable ou encore que le Costa Rica revendique son autonomie, je jubile. Vous devez vous demander pourquoi je reviens à mon cheval de bataille dans des temps si douloureux. Je vous comprends. L'émotion est forte...même pour moi, je vous rassure. Ce n’est pas si saugrenu car l’une des clés de la lutte contre le dérèglement climatique comme celle de la lutte contre les terroristes de Daesh sera de ne plus dépendre des énergies fossiles.
 
http://www.lalibre.be/actu/international/voici-comment-se-finance-l-etat-islamique-564769f33570bccfaf07c4b8L'Etat islamique installé en Syrie et en Irak alimente ses caisses grâce à la vente du pétrole. Des réseaux de contrebandes sont mis en place entre le Kurdistan irakien et la Turquie. Ce pétrole représenterait près de 40% de ses revenus. Et que de dire des voisins….le Qatar et l'Arabie Saoudite sont assis sur les premières réserves de gaz et de brut au monde. S’il faut faire des choix, ils devront être économiques. L’argent est le nerf de la guerre climatique et mondiale qui est engagée. Bombarder ? Beaucoup posent la question. En cet instant précis , ne rien faire serait incompréhensible aux yeux de beaucoup mais ne devrions-nous pas réfléchir à nous engager autrement ? Dominique de Villepin affirmait il y a quelques temps qu’il va falloir être stratège, user de ruses. Disons-le, face à la tragédie réfléchir sur l’impact économique de nos choix à long terme ferait presque rire jaune. Et pourtant… Si nous changions de dimension ? Attention je ne dis pas que rouler en voiture électrique et se chauffer aux déchets ne nous rendra plus vulnérables aux attaques de fanatiques ! J’exprime simplement la conviction que d’autres modèles pourraient changer la donne…
Mon idée n’est pas neuve . Elle va au-delà de la question du pétrole. Le GIEC affirmait dans son 5ème rapport que « le changement climatique allait accroître indirectement les risques de conflit violent. » La zone contrôlée par l’Etat islamique correspond ainsi à des territoires très touchées par les sécheresses. Pour Charles B. Strozier professeur d’histoire à l’Université de New-York dans Reporterre « l’avènement de Daesh n’est pas directement lié au réchauffement climatique mais celui-ci a créé le terreau propice. C’était une condition nécessaire mais non suffisante. » Le terrorisme vient de nous frapper en plein cœur. Une nouvelle fois. Plus durement, je le sens. Les dangers du dérèglement climatique nous semblent sûrement bien plus lointains surtout par un mois de novembre clément.
 
Mais au final passer à côté de la Cop21 serait passer à côté de tous les enjeux d’un monde interconnecté. Alors Messieurs, ne fermez pas la porte à toutes les manifestations qui étaient prévues pour cette occasion! Car il faut expliquer encore et encore ! Les Parisiens retournent dans les cafés, ils voudront peut-être aussi participer à faire avancer la question climatique à leur façon. Tous en terrasse et ailleurs… Le temps de la prise de conscience est venu. Nous ne vivrons plus comme avant mais nous avons la capacité de nous adapter…comme je le disais. De faire face. Si nos politiques sentent cette force,ils écouteront peut-être- enfin ou un peu plus-le citoyen. Notre planète, c’est la beauté qui nous entoure mais aussi la paix. L’un ne va décidément pas sans l’autre. On peut être positif sans être naïf.

jeudi 12 novembre 2015

Climat : aux investisseurs de faire des choix


J’avoue ne pas avoir toujours des idées très arrêtées. En tous cas je n’en ai pas le désir. Rester souple face à la réalité. Mais j’ai une conviction : nous ferons bouger les lignes sur la réduction de notre impact environnemental par nos choix d’investissement. Tout est une question d’argent dans ce bas monde. Alors disons- le franchement: quand les énergies fossiles ne seront plus financées, cela changera la donne. Au moins c’est clair.
 
Mirova, société de gestion dédiée à l’investissement responsable se pose clairement la question de savoir comment connecter le sujet du climat à celui de l’investissement. Philippe Zaouati, directeur général de Mirova, explique : "La transition énergétique ne pourra aboutir que si nous parvenons à mobiliser l’épargne des investisseurs privés".  Mirova a donc une approche très structurée. "C’est dans notre ADN d’essayer de faire bouger les lignes "explique Anne-Laurence Roucher, sa directrice générale déléguée. Cela commence évidemment par les investissements purs et simples à travers le choix de financer les énergies renouvelables. Mirova propose donc d’investir dans des fonds dédiés en Europe sur des nouveaux parcs. Etre acteur directement de cette transition.

Autre levier, les obligations vertes ou autrement dit green bonds qui permettent de diversifier les risques émetteurs. Le Fonds Mirova Green Bond global pèse 70 millions d’euros.
Enfin principal levier, les actions où l’impact peut être maximum. Dans ce domaine, la stratégie de Mirova est tournée vers les énergies renouvelables mais aussi l’efficacité énergétique. A titre d’exemple, ses choix  peuvent concerner les transports et des systèmes stop and start, les led, des panneaux solaires innovants. .. Dans son portefeuille BMW, Valeo ou encore St Gobain . Et pas question de faire des erreurs d’aiguillage. Mirova travaille avec des agences de recherche ESG, autrement dire qui passent au crible les piliers de l'investissement socialement responsable: environnement, social et gouvernance. Les entreprises sont listées par secteur d’activité. « Typiquement Volkswagen n’était pas une valeur que nous détenions dans nos fonds : nous connaissions leurs problèmes de gouvernance et par ailleurs le groupe ne démontrait pas une conviction forte sur les enjeux de la transition énergétique. " Au-delà de cela, comme le dit Anne-Laurence Roucher « en tant que société de gestion préconisant des solutions d’investissement responsables nous devons rendre compte auprès de la société civile de ce que l’on fait. C’est ainsi que sur quelques sujets clés liés notamment à la transition énergétique et aux risques de pollution nous avons par exemple des discussions avancées avec les acteurs liés aux énergies fossiles ».



Pour aller plus loin, Mirova a décidé d’innover avec Carbone 4, premier cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie carbone, en mettant en place une méthodologie novatrice pour mesurer l’impact carbone des portefeuilles d’investissement . Quand on y regarde de près, l’essentiel des analyses est souvent faite sur les émissions directes pour fabriquer un produit…Par exemple est mesurée l’énergie pour fabriquer la voiture mais pas l’énergie pour utiliser ce véhicule. Au final jusqu’à 80% des émissions de GES peuvent ne pas être pris en compte. Ces approches "ne retiennent pas une vision "cycle de vie" précise Carbone 4. Difficile pourtant de mettre sur le même plan un fabricant d’éoliennes et un constructeur automobile. Cette méthodologie va permettre d’élaborer un portefeuille qui a du sens.
Mirova tient à rappeler qu’elle n’investit pas dans des valeurs pétrolières ou intensives en charbon . La société pourrait donc donner quelques idées à d'autres. Selon les ONG, Oxfam et les Amis de la Terre la plupart des banques françaises investissent 7 fois plus dans les énergies fossiles que les renouvelables. 129 milliards d’euros contre 18. Natixis, dont Mirova est une filiale a décidé pour sa part de mettre fin en octobre aux financements des projets liés au charbon.

 

 

mardi 10 novembre 2015

N’oublions pas le méthane dans toute cette histoire

CO2, carbone, vous n’entendez que ces mots à l’approche de la Cop21....qui déjà en saoule certains. Malheureusement….Nous devenons CO2 addict. Je vais vous ajouter quelques joyeusetés à ce tableau: l’ozone, les particules fines et… le méthane.
Nous pointons alors du doigt, comme un seul homme, ces vilaines vaches qui rotent et nous polluent l'air. Elles ne sont pas les seules responsables.
Veolia à travers son Institut avait donc décidé de consacrer une journée entière, ce lundi 9 novembre aux questions de réduction des émissions de méthane dans le monde. Une conférence internationale au CESE pour parler des solutions innovantes en la matière. J’avoue ne pas avoir pu y passer la journée entière étant appelée par d’autres obligations mais les premiers échanges du matin étaient déjà plus qu’engageants. Pour Veolia, il y a de réels enjeux. Son PDG Antoine Frérot est très clair : le groupe s’est engagé à capter plus de 60% du méthane émis par ces centres de stockage d’ici 2020. Mais pourquoi ? Rappelons que le méthane est le deuxième gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique. Sa durée de vie est courte dans l’atmosphère, environ 12 ans mais il a un fort potentiel de réchauffement global. En 2013 un rapport du GIEC l’a estimé 28 fois supérieur à celui du CO2 sur la base d’un horizon fixé à 100 ans et 86 fois supérieur sur 20 ans. Trois causes : l’agriculture, en grande majorité l’élevage et les fameuses vaches qui ruminent dont je parlais plus haut mais aussi la riziculture irriguée, l’industrie pétrolière et enfin la décomposition des déchets. C’est là que la démarche de Veolia qui ne cesse d’adapter ses métiers trouve tout son sens. Pour Antoine Frérot c’est dans les industries pétrolières et évidemment dans le secteur des déchets que "le méthane est le plus concentré, il est donc plus simple d’agir."




Le méthane est d’ailleurs plus facile à capturer, valoriser et à éliminer que le carbone. Un système est déjà mis en place dans les deux tiers des centres de traitement en France. Des puits sont creusés. Le méthane issu de la décomposition des déchets organiques est stocké. Il est ensuite détruit ou valorisé en gaz ou en électricité. Il y a encore un fort potentiel du biogaz en France. En 2014 ,on dénombrait près de 400 installations de tous types, pas seulement dans les stations d’épuration. Pour Antoine Frérot « le coût est compensé par la valorisation ». Il faut tout de même le reconnaître, en matière de méthanisation les coûts sont encore globalement rédhibitoires. Veolia y croit. Sur son site d’Artois, il transforme les déchets en biogaz et compost. Il fait de même en Chine en valorisant le gaz généré par le site d’enfouissement de Laogang. Mais la bataille ne se remporte pas seul. Antoine Frérot réclame comme d’autres un « juste prix du carbone »pour dissuader les pollueurs et inciter les dépollueurs. Selon lui, ce type de démarche peut être mise en place partout dans le monde. Veolia milite d’ailleurs pour que la captation du méthane devienne la norme de fonctionnement des centres d’enfouissement des déchets. Cependant il reste du chemin à parcourir car, comme le rappelle l’Agence Française dedéveloppement, la collecte n’est pas encore optimisée dans bon nombre de pays.



Les solutions techniques existent en tous cas :  Veerabhadran Ramanathan professeur émérite à l' université de Californie a délivré un message d’espoir en estimant que les technologies pouvaient permettre de diminuer de 50% ce méthane. Mais elles ne feront pas tout. Quid de l’élevage ? Des chercheurs américains viennent de mettre au point un inhibiteur de méthane qui réduit de 30% les effets de la rumination. Mais n’avons-nous pas aussi des habitudes alimentaires à modifier ? Et n’oublions pas le méthane emprisonné dans le permafrost, ces sols gelés des régions arctiques. Une bombe à retardement car, en fondant il libère ces gaz toxiques. Des entreprises s’engagent, des nouvelles technologies sont employées, il faut aussi une volonté forte de nos Etats. Nous sommes tous liés, il est toujours bon de le rappeler.